Décès de Peter Cobbold

Peter Cobbold est mort le 27 Novembre 2021. Il laisse derrière lui un héritage scientifique considérable qui inspirera des générations d’étudiants et de chercheurs.
Peter Robert COBBOLD

Peter Cobbold était un immense chercheur, une sommité mondiale dans le domaine de la géologie structurale pour ses travaux sur la déformation des roches et leur modélisation expérimentale. Peter vivait sa recherche comme un sacerdoce, avec une obsession d’exigence et un investissement de tous les moments. Son approche scientifique était basée sur des observations méticuleuses et une analyse mathématique rigoureuse. Il s’appuyait sur une formation scientifique solide, biberonné aux travaux de Maurice Biot, à l’encadrement de John Ramsay et au compagnonnage de Hans Ramberg. Ces mentors ont influencé des générations d’étudiants et Peter a été l’un des rares à faire la synthèse de leurs approches observationnelles, théoriques et expérimentales. Les travaux de Peter sur la théorie du plissement, la collision continentale ou le rôle des fluides sur la déformation sont plus qu’originaux, ils donnaient un sens nouveau à des observations faites et refaites par des cohortes de géologues. La qualité avérée de ses travaux a été récompensée par une médaille d'argent du CNRS en 1990. Son expertise scientifique a largement dépassé le milieu académique : en effet de nombreux partenaires industriels ont fait appel à lui pour leurs travaux d'exploration. Peter était un pédagogue averti et il a su ainsi transmettre ses connaissances en formant de nombreux étudiants en MASTER et en thèse, dont beaucoup ont intégré les milieux académique et industriel.

Peter était anglo-argentin, issu d’une famille britannique et natif de Buenos Aires. Il a tiré parti de ce double héritage, éduqué à Imperial College, l’une des meilleurs université londonienne, et fin connaisseur de l’Amérique latine. Sa troisième patrie était la France et Rennes où il a passé l’essentiel de sa vie professionnelle. A 33 ans en 1979, il a été recruté à Rennes comme maître de recherche CNRS, l’équivalent de directeur de recherche. Il restera à ce poste et à ce grade toute sa carrière jusqu’à sa retraite en 2011. Avec Jean-Pierre Brun, il a fait du Centre Armoricain d’Etudes Structurales des Socles, devenu depuis Géosciences Rennes, le centre mondial de la modélisation analogique des phénomènes tectoniques. Tous deux venaient d’horizons différents mais il avaient la même culture scientifique ancrée sur une solide connaissance de la géologie, de la mécanique et des mathématiques. Ils partageaient la même passion, la même rigueur, la même créativité. Ils ont porté le laboratoire de Rennes à des niveaux qui n’avaient encore jamais été atteints.