Décrire la géographie initiale du Tibet juste après la collision Inde-Asie

Une équipe internationale à laquelle participe Marc Jolivet (Géosciences Rennes – CNRS) publie en janvier 2019 dans la revue Tectonics un article qui s’attache à reconstituer la topographie initiale du Tibet, en recherchant les indices géologiques permettant de reconstituer les paysages du début du Cénozoïque (~50 millions d'années).

Tectonique du Tibet

Le plateau tibétain, qui résulte de la collision entre les plaques indienne et eurasiatique depuis environ 50 millions d’années (ou Ma) constitue, avec la chaine de l’Himalaya sur sa bordure sud, la plus vaste zone de haute altitude du globe. Cette topographie unique est notamment à l’origine du phénomène de mousson : l’air humide, remontant vers le nord depuis l’océan indien, se trouve bloqué par la chaine himalayenne et le plateau tibétain conduisant à des pluies diluviennes en Asie du Sud-Est ou en Inde. Très peu d’humidité parvenant à franchir cette barrière, plus au nord en Asie centrale, le climat est aride favorisant la formation de déserts tels le Takla Makan ou le Gobi.

Comprendre l’évolution climatique à long terme de l’Asie implique donc de connaître l’évolution de la topographie du Tibet depuis 50 Ma. Plusieurs modèles de construction du plateau existent qui diffèrent notamment sur la topographie initiale de la région : la région du Tibet était-elle plate et à faible altitude au moment de la collision entre les continents ou existait-il, comme le pensent certains chercheurs, un proto-plateau tibétain et des chaines de montagnes ?

L’équipe internationale à laquelle participe Marc Jolivet s’attache à reconstituer cette topographie initiale du Tibet, en recherchant les indices géologiques permettant de reconstituer les paysages du début du Cénozoïque (~50 Ma). Ces indices sont principalement contenus dans les sédiments déposés au cours du temps dans les bassins sédimentaires répartis sur et autour du plateau. En effet, le type de sédiments ainsi que les restes fossiles qu’ils contiennent varient en fonction de la pente locale (blocs et sable grossier pour un torrent de montagne, sable fin et argile pour un lac), du type de roche érodée à la source, du climat ou encore de l’altitude.

>>> Pour en savoir plus, voir sur le site de l'OSUR

>>> référence  : Cheng, F., Garzione, C. N., Jolivet, M., Guo, Z., Zhang, D., Zhang, C., & Zhang, Q. (2019). Initial deformation of the northern Tibetan Plateau: Insights from deposition of the Lulehe Formation in the Qaidam Basin. Tectonics, 38. Doi : 10.1029/2018TC005214