Projet ERC « Quina World »

à la poursuite des Néandertaliens à travers l’Europe
ERC Néanderthal

Biographie succinte du lauréat

Après une formation initiale en physique, Guillaume Guérin a souhaité élargir son horizon en se tournant vers l’archéologie. L’association de ces deux centres d’intérêts l’a poussé à étudier les méthodes de datation par luminescence et leurs applications à l’étude de l’Homme de Néandertal. Suite à des expériences virtuelles sur des grains de sédiment et leur environnement naturellement radioactif, des interactions avec des mathématiciens l’ont poussé à développer de nouveaux outils statistiques permettant de mieux appréhender la chronologie des peuplements néandertaliens en Europe. A l’aide d’une meilleure résolution temporelle, la question d’interactions à longue distances et in fine d’une culture européenne chez nos cousins disparus peut être posée, ce qui permettra de porter un regard nouveau sur les Néandertaliens et de mieux appréhender les éventuelles différences entre « eux » et « nous ».

 

Le projet ERC

Quina World - Sur les traces des Néandertaliens à travers le temps et l’espace : vers l’identification de la plus vieille entité culturelle d’Europe.

Les Néandertaliens ont disparu il y a environ 40 000 ans ; à ce jour, leur évolution et leur diversité comportementale restent relativement méconnues. Le Moustérien de type Quina désigne une industrie lithique particulière, qui est souvent associée à une chasse très spécifique, saisonnière, de grands herbivores (troupeaux de rennes). La mobilité particulière des groupes humains ainsi que le traitement élaboré des carcasses d’animaux suggèrent une entité culturelle complexe et intrigante. En dehors de sa région centrale (le sud-ouest de la France), le Moustérien de type Quina est aussi mentionné dans diverses parties de l’Europe. Le projet Quina World visera d’abord à tester l’hypothèse qu’une entité culturelle a bien existé, i.e. que les occurrences du Moustérien de type Quina correspondent à une courte période de temps et peuvent ainsi être attribuées à des groupes de Néandertaliens connectés ou affiliés. Un important consortium de recherche interdisciplinaire cherchera ensuite à définir les caractéristiques de l’entité Quina présumée, comment elle a évolué et s’est potentiellement diffusée à travers l’Europe.

Il s’agira notamment d’étudier les outils en pierre taillée, de l’acquisition et du transport éventuel de la matière première jusqu’à leur utilisation en passant par la production, le recyclage et le réaffutage. Une attention particulière sera portée aux traces de boucherie sur les ossements animaux afin de mieux appréhender les stratégies de subsistance, les capacités cognitives mais aussi les schémas de mobilité des groupes humains ; l’identité des artisans du Quina sera abordée à l’aide de l’anthropologie physique mais aussi à partir des fragments d’ADN préservés dans les sédiments des sites archéologiques. Enfin, des modèles chronologiques, incluant la dimension spatiale, effectués dans un cadre bayésien permettront de tisser des liens entre le registre archéologique d’une part, et les paléo-climats et paléo-environnements d’autre part.

Le projet Quina World permettra en définitive de mieux comprendre ce qui ressemble aux plus anciens phénomènes de régionalisation et de diffusion culturelle en Europe, et d’apporter un nouveau regard les Néandertaliens. Ces recherches apporteront un regard nouveau sur ces proches cousins disparus et ce qui les différenciait, ou non, de nos ancêtres Homo Sapiens.

 

>>> Pour en savoir plus, voir sur le site Cordis