Une chaire d'excellence de Rennes Métropole : "Ressource en eau du futur"

Ressource en eau du futur : Dynamique et évolution des systèmes hydrologiques en domaine de socle cristallin
Clément Roques

Clément Roques, ingénieur en environnement de formation (Université Paul Sabatier de Toulouse), a obtenu sa thèse de doctorat en Sciences de la Terre en 2014 à l’Université de Rennes 1. Sa recherche s’intéresse à l’étude des contrôles géologiques et géomorphologiques sur les écoulements d’eau dans les milieux souterrains et leur impact sur les flux bio-géochimiques. Après sa thèse, Clément a réalisé 2 séjours post-doctoraux dont un de 2 ans à l’Oregon State University (département Biological and Ecological engineering, USA) et un de 4 ans à l’ETH Zürich (département Earth Sciences, Suisse). Il est actif dans l’enseignement de modules généraux sur l’environnement et le cycle de l’eau (license), et de modules spécialisés (master) en hydrogéologie appliquée, géophysique et modélisation. Il est également fortement impliqué dans l’encadrement de projets professionnels pour les étudiants en master. Clément est éditeur associé pour la revue Hydrogeology Journal et a co-dirigé avec Damien Jougnot (Sorbonne Université) l’école d’été Ecoulement et transport dans les milieux poreux et fracturés en 2018 à l’institut d’Etudes Scientifiques de Cargèse qui a regroupé près de 40 conférenciers et 90 étudiants. Depuis avril 2020, il est titulaire d’une chaire de recherche Rennes Métropole « Ressource en eau du futur : Dynamique et évolution des systèmes hydrologiques en domaine de socle cristallin ».
 

Le projet de la chaire de recherche « Ressource en eau du futur » a été motivé par un constat général établit par les gestionnaires de l’eau et la communauté scientifique : les ressources en eau souterraines et les écosystèmes associés sont d’ores et déjà fortement impactés par les changements globaux, ce qui pose des questions critiques quant à leur évolution sur le long terme. Les obstacles qui s’opposent à la définition de prédictions et de stratégies durables pour la gestion de la ressource émergent de notre méconnaissance des processus contrôlant le transfert et le stockage des eaux souterraines à l’échelle régionale. Dans ce contexte, deux hypothèses sont avancées : la première hypothèse suppose que la recharge efficace se retrouvera globalement diminuée sur l’ensemble du territoire, limitant le stock d’eau souterraine disponible. Cette hypothèse implique une disparition partielle ou totale des systèmes de surface (contraction des réseaux hydrologiques, assèchement des zones humides et des réservoirs de stockage) et une vulnérabilité augmentée de la ressource souterraine. La seconde hypothèse suggère que l’interaction entre la diversité géomorphologique des paysages et la variabilité des conditions climatiques futures seront associées à une redistribution de la recharge avec potentiellement une augmentation des stocks d’eau souterraine dans certaines régions. La validité de ces deux hypothèses reste à explorer, en prenant soin d’identifier les facteurs géomorphologiques et climatiques contrôlant cette redistribution. Les conséquences de ces deux hypothèses devront se traduire par des gestions de l’eau adaptées, assurant un équilibre et une diversification des ressources exploitées ainsi que leur protection accrue.

Ces analyses constituent les deux axes de la chaire « Ressource en eau du futur » :
- un premier axe dédié à la compréhension des processus physiques en intégrant les données disponibles pour les régions de socle cristallin à l’échelle globale et le développement d’outils numériques. Cette confrontation entre données globales et modèles numériques permettra de tester des hypothèses concernant les contrôles des variabilités géomorphologiques et climatiques sur les dynamiques de réponses hydrologiques et de leur devenir face aux scénarios de changement climatique. Cet axe fera l’objet d’un sujet de thèse de doctorat cofinancé par la chaire et l’Université Rennes 1 (volet attractivité)
- un deuxième axe visera à confronter les prédictions d’évolution obtenues à des stratégies de gestion afin d’identifier celles garantissant la pérennité de la ressource. Cet axe se construira autour d’un travail collaboratif transdisciplinaire impliquant les acteurs de la gestion de l’eau et des spécialistes dans le domaine des sciences sociales et économiques. Le projet renforcera les collaborations entre les activités en hydrologie, géomorphologie et climatologie de l’OSUR (Géosciences Rennes, ECOBIO, LETG-Rennes) et des observatoires nationaux de la zone critique appartenant au réseau OZCAR, récemment reconnu par l’UE dans le cadre des grands équipements (ESFRI). Il permettra également de développer les liens avec les instituts de recherche internationaux notamment les universités de Neuchâtel (Suisse), de Santiago (Chili), d’Oregon (USA) et l’INRS (Canada).


Construite en appui de la chaire de la fondation Rennes 1 « Eau et territoires » financée par la Collectivité et la Société Local Publique Eau du Bassin Rennais qui s’intéresse à l’étude des bassins versants assurant l’alimentation en eau de la ville de Rennes, le projet de la chaire « Ressource en eau du futur » permettra non-seulement de développer notre compréhension sur les processus fondamentaux du cycle de l’eau à l’échelle régionale qui reste à l’heure actuelle peu exploré, mais aussi d’orienter les politiques régionales de gestion pour assurer la transition des pratiques socio-économiques en équilibre avec les dynamiques des systèmes hydrologiques et leur évolution future. De manière plus générale, la thématique de la chaire « Ressource en eau du futur » entre pleinement dans le projet EUR « Intelligence Environnementale – Eaux et territoires soutenables ». Il constitue donc un segment de la démarche globale de l’EUR et illustre d’une part le caractère interdisciplinaire et d’autre part la volonté de co-construction de nos démarches de recherche. A ce titre, il illustre la volonté de l’OSUR et de l’équipe DIMENV de Géosciences Rennes qui est au cœur du projet EUR, de contribuer à la construction du projet Université de Rennes.

Isabelle Dubigeon
jeu 04/06/2020 - 15:19